Expo « Nous autres » dans le Finistère

Publié le 6 septembre 2013

L’Autre, un sauvage ? Un modèle ? Ou tout simplement notre semblable… Tour à tour présenté comme un monstre du Moyen-âge, un Indien à l’époque des conquistadors, un animal de foire ou même, plus proche, un habitant de nos régions, l’Autre ne cesse d’inquiéter, d’étonner et de fasciner. À travers un parcours riche en surprises, l’exposition « Nous autres » questionne notre rapport à cet autre, étranger, « différent ». Les thèmes et objets choisis – têtes réduites, témoignages sur les zoos humains, costume de maya guerrier, appareil à mesurer les crânes, corset, etc. – nous confrontent à nos préjugés et nous obligent à nous décentrer pour accepter l’Autre dans sa différence.

nous autresPrenant appui sur le célèbre livre de Claude Lévi-Strauss, Race et Histoire, l’exposition part du constat que nous sommes, à la base, tous ethnocentriques, c’est-à-dire que nous avons tendance à penser que nous sommes les seuls au monde à avoir raison et à nous comporter de manière civilisée, tandis que nous voyons dans le comportement de l’étranger quelque chose d’incompréhensible. Il apparaît que ce sont bien souvent la méconnaissance, l’isolement et la peur qui conduisent à voir en l’autre un sauvage et à imaginer toutes sortes de légendes à son sujet. Cependant, l’ethnocentrisme et la discrimination ne sont pas une fatalité. Le regard que l’on porte sur le reste de l’humanité change en fonction de l’histoire, du niveau de connaissance et des contacts que l’on entretient avec les autres peuples et régions du monde.

En plaçant tour à tour le visiteur dans le rôle de l’observateur distant puis dans celui d’un objet d’étude, la mise en scène de « Tous des sauvages » invite chacun à se confronter à la complexité des rapports humains. Au fil des salles, l’exposition aborde les différentes représentations que nous, Occidentaux, avons des autres, mais également le regard que les autres nous renvoient. Dès l’entrée dans
l’exposition, les visiteurs voient leur image se refléter à l’infini au milieu de statuettes et figurines humaines du monde entier, dans un jeu de miroirs qui suggère que les autres, c’est peut-être nous.
Du mythe de la Tour de Babel et de la confusion des langues aux travaux récents de l’ethnologie et de l’anthropologie, le parcours de l’exposition se présente sous la forme d’une suite de questions et de repères historiques, mettant en lumière les préjugés et les stéréotypes que nous portons sur les autres. Mais l’exposition nous rappelle au final que l’autre ne vit pas seulement dans un pays lointain, mais ici, parmi nous. Il est notre voisin, notre collègue de travail, notre boulanger ou notre médecin.

Puisant dans la richesse des collections ethnographiques, des documents d’époque et des créations artistiques contemporaines, l’exposition démontre au fil des salles que nous pouvons, par un effort de décentrement, apprendre à accepter l’autre dans sa différence.

« Le sentiment de gratitude et d’humilité que chaque membre d’une culture donnée peut et doit éprouver envers tous les autres, ne saurait se fonder que sur une seule conviction : c’est que les autres cultures sont différentes de la sienne, de la façon la plus variée; et cela, même si la nature dernière de ces différences lui échappe ou si, malgré tous ses efforts, il n’arrive que très imparfaitement à la pénétrer. »
Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, 1952

Pour vous rendre à cette expo :

Abbaye de Daoulas
21, rue de l’église
BP 34
29460 Daoulas
Vous pouvez appeler de notre part le 02 98 25 84 39

Horaires d’ouverture :

– Du 15 juin au 15 septembre : Tous les jours de 10h30 à 19h
– Du 16 septembre au 11 novembre : Tous les jours de 13h30 à 18h30, sauf le lundi